Serena Vittorini (1990, L’Aquila) est une artiste belgo-italienne établie à Bruxelles. Formée en psychologie puis en photographie, elle développe une pratique qui associe installation, sculpture, photographie et vidéo.
Son travail interroge la manière dont les objets et les espaces ordinaires (mobilier, architecture domestique, dispositifs institutionnels) organisent les corps et distribuent les places. Sous leur apparente neutralité fonctionnelle, ces formes prescrivent des postures, règlent les distances et reconduisent des rapports de pouvoir rarement formulés. En les fabriquant, en les altérant ou en les détournant, l’artiste rend cette normativité perceptible.
La répétition, l’usure et la contrainte en sont les principaux opérateurs. Les œuvres ne représentent pas ces mécanismes, elles les activent : ce sont des processus lents où une règle, devenue tangible, peut être suivie, contournée ou peu à peu érodée. Des notions que l’on tient pour opposées, le soin et le contrôle, la protection et la contrainte, l’usage et la résistance, s’y révèlent indissociables.
Ses recherches actuelles déplacent cette attention de l’objet vers le vivant : il s’agit désormais d’examiner ce qu’exige le maintien d’une chose en vie et à sa place, et ce que coûte cette permanence.